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Expériences

Dimanche 20 novembre 2005
 

Vous trouverez dans cette rubrique un ensemble d'articles sur des expériences de classe, des pistes d'exploitations, etc...

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Par CapaSH
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Dimanche 21 mai 2006

[Comprendre : contenir, renfermer en soi. Faire entrer dans un tout, dans une catégorie. Inclure. Pénétrer. Saisir le sens de. Se représenter, se faire une idée de.  Se rendre compte de, que.] Définition du dictionnaire Hachette de la Langue Française de 1991


Un frein majeur, l'idée régnante qui veut que comprendre ne s'apprend pas, ne peut s'enseigner, que la compréhension est une boîte noire, quelque chose d'inné relevant quelque part du "don".


Pratique quotidienne:

La lecture telle que je la pratiquais en clis ou en clad (voire ailleurs) reposait essentiellement sur du vécu, sorties, cinéma, sport, fêtes, expos …etc.

L'idée étant d'utiliser le concret, le vécu, pour l'abstraire, le mettre en mots.

Une fois que l'on a vécu, puis raconté oralement, puis dicté à l'enseignant et agrémenté de photos, on peut dire que la future lecture est comprise, car reliée à une expérience. D'autre part, on évite ainsi le problème de construction des inférences qui pourra être abordé ultérieurement quand le processus de compréhension de l'écrit, quel qu'il soit, sera réglé. A ce moment-là, lire sera imaginer.

Dans un premier temps, imaginer, élaborer du sens se borne donc à se souvenir d'un vécu.

Je me place dans la mouvance de Sylvie Cèbe, à savoir que la compréhension prime sur la forme. Les textes sont toujours différents, mais les types d'exercices représentent toujours les mêmes items afin de ne pas constituer une surcharge cognitive.

On ne laisse que rarement, à l’école, le temps d’intégrer, et surtout de manipuler. Il faut être tout de suite intelligent, performant, inférer, transférer, et manier les abstractions. Donner le temps de maturer, de s'imbiber par la manipulation et la répétition, c’est aussi une manière d’individualiser et de donner des clés pour comprendre. Mais les rapides, alors ? Et bien, il apprennent à aider les autres, donc à comprendre encore mieux leur démarche en l’expliquant, et en s’enrichissant des démarches des autres élèves, même celles des plus faibles. Ils apprennent à expliquer avec des mots, des schémas, ils ne perdent pas leur temps, bien au contraire. Ils expliquent et confortent leurs concepts.

Très souvent, lorsque l'on évoque la compréhension, on parle de la compréhension dans une discipline scolaire, c'est-à-dire, compréhension en maths, en lecture, en sciences …etc. Mais rarement est évoqué le processus de compréhension à part entière. Comment faire en sorte que les élèves comprennent ? La Garanderie approche le concept d'appréhension par les élèves, mais de façon didactique, avec pour le chapitre de la compréhension, une boite noire.

Comprendre, à l'école, je dirais que c'est s'accoutumer.
Comprendre
c'est prendre avec soi.
On pense alors à des mots comme

- Assimiler
- Posséder
- Dominer
- Gérer …


Comprendre, c'est prendre avec soi, dans son bagage mental, des notions, des outils opératoires, des concepts tels que :

Techniques mathématiques, capacité à une vision d'ensemble, des souvenirs, du recul, des images mentales, des sons, des paroles, des lettres, des syllabes, des mots, l'idée de ce qu’est une situation problème, bref, un tout.

Et un tout, qui ne peut que s'agrandir en volume et en savoir-faire.

Comprendre, c'est aussi avoir le réflexe d'utiliser ce « tout », toujours et partout, avoir l’idée de le mettre en action, en service, de l’adapter, de l'épandre et de l’enrichir sans cesse.

D’où, la notion d'accoutumance.

En effet, on n’accoutume pas assez les élèves à cet exercice, cette « façon d'être », à l'école élémentaire.

Comprendre n’existe, que si on s’en sert.

Car ceci est une attitude qui sous-tend d'être tout le temps actif.

Être actif :

- En actions
- Manipulation
- Désir de chercher, de trouver, de proposer
- En faisant bouger son corps…


Actif vis-à-vis de soi-même, en apprenant à respecter ses propres tendances (visuel, auditif, kinesthésique, appliquant, expliquant…)

Apprendre à reconnaître ses propres approches, développer ses propres techniques, les valider, se les approprier.


Accepter les autres et leurs visions, accepter de s'enrichir de discuter en toute confiance

Être actif le plus souvent possible

Se mettre en projet

Tester, même si l'on sait que ce sera peut-être à perte

Mémoriser des techniques

Comprendre

Jouer, avoir du plaisir

 

S'accoutumer

=>

s'exercer régulièrement à des notions, pour les intégrer.

(L'école saucissonne les savoirs et les savoir-faire)

<=>

en maths, en grammaire, en conjugaison, c'est justement le contraire de comprendre. Il n'y a pas de mise en relation. On veut gérer le temps, on n'accepte donc pas d'en perdre, pour gagner, bien sûr, de laisser l'enfant maturer, digérer, s'exercer, vivre son temps individuel d'assimilation.

Mettre en relation, remodeler ses schémas en permanence.

 

(On voit ici l'intérêt des schémas heuristiques)

Avoir du temps, c'est-à-dire s'octroyer son temps à soi

S'accepter, on ne peut se développer si on ne le fait pas. Enseigner, c'est donc un peu accoucher les esprits enfantins à la manière de Platon, être "passeur d'enfants" pour reprendre le terme de Paour (ou de Goigoux ?)

 

Toutes les personnalités ne se ressemblent pas, ni d'ailleurs toutes les situations d'apprentissage. Cependant, chacun doit, avec ou sans l'aide du pédagogue, trouver son système de gestion.

Savoir ce que l'on est : auditif, visuel, kinesthésique, appliquant, expliquant, ou autre […], afin de gagner du temps et de ne pas s'essouffler en utilisant des techniques non adaptées à sa forme intelligence à soi.

Ceci étant établi, il faut s'astreindre à mettre ces traits, ces particularités en jeu : exemple : je suis visuel, donc je vais photographier mentalement, je vais dessiner des schémas, visualiser. Je suis auditif, je vais tenter de retenir la leçon comme je l'ai entendue. Je suis kinesthésique, je vais utiliser de la pâte à modeler, des jetons, mes doigts, peut-être me déplacer. Je suis plus expliquant qu’appliquant, j’apprends donc à communiquer, ou à l’inverse, à me mettre en équipe avec des expliquants.

C'est bien là que se situe la fonction d'étayage du maître, car bien des enfants sont incapables de mettre ces processus en œuvre par eux-mêmes. Très souvent, c'est l'environnement familial qui opère ce travail, et donc passe inaperçu aux yeux du système scolaire.

 

Si l'école aime à proclamer sa fonction d'instrument démocratique de la mobilité sociale, elle a aussi pour fonction de légitimer, et donc, dans une certaine mesure, de perpétuer les inégalités de chances devant la culture en transmuant, par les critères de jugement qu'elle emploie, les privilèges socialement conditionnés en mérites ou en "dons" personnels. A partir des statistiques qui mesurent l'inégalité des chances d'accès à l'enseignement supérieur selon l'origine sociale et le sexe et en s'appuyant sur l'étude empirique des attitudes des étudiants et de professeurs ainsi que sur l'analyse des règles, souvent non écrites, du jeu universitaire, on peut mettre en évidence, par delà l'influence des inégalités économiques, le rôle de l'héritage culturel, capital subtil fait de savoirs, de savoir-faire et de savoir-dire, que les enfants des classes favorisées doivent à leur milieu familial et qui constitue un patrimoine d'autant plus rentable que professeurs et étudiants répugnent à le percevoir comme un produit social.

Pierre BOURDIEU et Jean Claude PASSERON – « Les héritiers »

Ceci est une gymnastique à l'intention de l'élève. On a donc à faire l'effort pas naturel de vérifier régulièrement que tel élève kinesthésique qui apprend à lire, aura à sa disposition de la pâte à modeler ou un alphabet mobile. Que tel élève auditif aura le droit à une répétition par l'enseignant de quelque chose qui a été exposé par le biais d’un dessin sur le tableau.

De ce point de vue, le travail en petits groupes avec du matériel que l'on peut toucher et organiser, puis la mise en forme collective et individuelle sous forme de schémas heuristiques, s’avère précieux. C'est quelque chose que j'ai expérimenté en classe d’adaptation, et cela marche.

Maintenant, la partie la plus difficile est celle destinée à l'enseignant. En effet, comment apprendre aux élèves à comprendre lorsque l'on enseigne ? (... à suivre)


Document envoyé par Michel Malgorn, enseignant

Par CapaSH
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Mercredi 24 mai 2006

(Lire ce qui précède)


La lecture : on se plaint souvent que les élèves ne comprennent pas ce qu'ils lisent, qu'ils passent à côté des inférences. Que certains élèves, au CM², ont encore de grosses difficultés de déchiffrage.

Je pense là aux ouvrages de Jocelyne Giasson qui m'ont bien aidé. Elle passe en revue toute la panoplie des actions enseignantes à ne pas manquer dans le processus de la lecture.

D'autre part, le travail sur les inférences est très peu réalisé dans les écoles, où les lectures sont beaucoup trop difficiles pour les élèves, qui sont noyés devant un apport beaucoup trop riche, qui ne s'adresse même pas toujours à des enfants.

Je pense aussi à J. Fijalkow qui propose dès le plus jeune âge, un travail sur la littérature jeunesse avec toute une approche sur la typologie des textes mais aussi sur la compréhension. Pour ma part, je me cale aussi aux travaux de Freinet (et de Brigaudiot) et à l'apprentissage de la lecture en parallèle avec celui de l'écriture, lecture qui donc, fait sens d'emblée. Le sujet est vaste, la littérature sur la compréhension en lecture existe, et propose des pistes tout à fait applicables.

Exemple : réaliser par le dessin et les visites répétées, un livre de son quartier.

http://www-brestecoles.enst-bretagne.fr/4moulins/archives/archives98-99/ce1/livre_rando/book1.htm

 

D'autre part, je trouve que les manuels scolaires sont trop touffus, désordonnés.

Pour amener un élève à comprendre, il faut lui fournir des supports simples et sans surprise, qui ne laissent aucune place à une surcharge cognitive. (Sylvie Cèbe)

De nombreux manuels, par leur présentation serrée, touffue, faussement journalistique, font que les élèves se trouvent, dès l'apprentissage, dans le transfert. On leur demande de gérer des connaissances en cours d'acquisition, en parallèle avec des situations hétéroclites, des graphismes qui imposent une sur-lecture, une interprétation de l'intrigue …

D'autre part, la compréhension suppose que ce qui aura été "com-pris", soit une aide à la mise en forme du monde, un élément de construction des savoirs, des concepts.

Sans cette idée première d'une utilisation ultérieure, d'une utilité réelle, d'un éventuel projet, on est dans l'application pure et simple, donc, dans la non compréhension. On reste dans la préhension, avec un but behavioriste: apprendre pour obtenir de bonnes notes.

Les enseignants de la mouvance Teaching for Understanding se posent comme condition préalable à toute préparation de leçon: "Qu'est-ce que mes élèves pourront réaliser de plus quand l'activité sera terminée ?". C'est alors seulement qu'ils composent leur préparation, avec à l'initiale quelque chose de connu, et en final une compétence nouvelle et transférable.

D'autre part, je reviens sur la simplicité, la limpidité des supports.

C'est la raison pour laquelle j'ai présenté mes fiches type de lecture. Elles recouvrent toutes les fonctions de la lecture répertoriables dans les manuels des éditeurs, mais ne changent jamais de présentation, quel que soit le thème de lecture abordé (documentaire, narratif, compte-rendu …etc.).

 

… Nous terminerons en essayant de dégager les principaux contrastes entre les pratiques d’enseignement les plus courantes à l’école maternelle et nos propres options en nous centrant sur cinq dimensions : le choix des tâches, la liaison entre les tâches, la nature du matériel, le rôle du maître et la centration de l’attention des élèves.

1. Nous retenons des tâches stables et répétitives pour favoriser la prise de conscience métacognitive et permettre à l’élève de prendre de plus en plus de contrôle sur son activité et sur son fonctionnement …

2. Tandis que nous optons pour des contenus et du matériel connus et épurés pour éviter que les élèves ne s’égarent dans le traitement de propriétés non pertinentes par rapport à l’objectif, …

"Apprends-moi à comprendre tout seul",  Sylvie CÈBE

Article publié dans la revue “X. Y. ZEP »,  Bulletin du Centre Alain Savary, juin 2001

CENTRE NATIONAL DE RESSOURCES SUR LES REP ET LES ZEP
INSTITUT NATIONAL DE RECHERCHE PÉDAGOGIQUE

http://www.inrp.fr/zep/ressours/xyzpdf/xyzep11.pdf

 

Comprendre, c'est réaliser des relations entre les choses, un peu à la manière d'un schéma heuristique.

Les connaissances ne sont plus "auto contenues", elles trouvent une nouvelle vie en faisant un tout. Comprendre, c'est tisser des relations entre des éléments, c'est aussi, établir des catégories, créer des tiroirs que l'on peut ouvrir à l'envi.

 

Connaître et comprendre.

 

Beaucoup de parents d'élèves font l'amalgame entre deux notions:

"As-tu compris ?"  est souvent synonyme de "As-tu bien écouté ?" ou "As-tu retenu?".

L'obéissance à la règle sociale de l'école, primant sur le tâtonnement de l'élève, ses expérimentations.

Quand je dis :   "Je comprends", c'est que  :

- J'ai le schéma dans la tête,
- Je visualise, ou je me raconte,
- Je mets tous les éléments utiles (éléments déjà en ma connaissance, de fraîche ou de longue date), en relation.


Exemple: les fractions.

Je comprends les fractions car :

- J'ai l'image du camembert dans la tête, je sais les rôles des dénominateurs et des numérateurs, (schéma).
- J'ai une frise des décimaux qui se balade dans mes neurones, en photo ou en chanson (visuels / auditifs).
- J'ai vécu physiquement les fractions en coupant des tartes, et faisant des équipes en sport, en faisant de la cuisine. (kinesthésique).


De près ou de loin, ces éléments m'aident à comprendre les fractions. Encore faut-il que je pense à me rappeler ces connaissances préalables le jour de la leçon.

Partager, donner, s’inspirer, donner de l’humanité à la salle de classe, la faire vibrer. "L’enfant sera les liens qu’il tisse", dit A. Jacquard, Maif Info n°134 juillet 2004

On peut s’en apercevoir chez les enfants de classe d'adaptation, qui régulièrement, ne comprennent pas la discipline de la classe, la loi du silence. Ils ont besoin :

- de partager, d’évoquer, de parler avec les autres.
- d'oser dire qu’ils n’ont pas compris, ce qui les stigmatise.
- d'oblitérer la honte.
- d'assurer leur besoin d'avoir plus de temps que la norme de la classe.


 

Document envoyé par Michel Malgorn, enseignant

 

 

 

Par CapaSH
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